La migration d’un site web représente une belle opportunité pour explorer les différents moyens de rejoindre votre audience, augmenter votre visibilité en ligne et le trafic organique de votre site. Cependant, si la migration est un moyen d’identifier les opportunités de croissance pour votre entreprise, ne prenez pas à la légère les risques potentiels qu’une migration mal préparée peuvent induire. Voici nos conseils.

 

Types de migrations de sites

 

Il existe de nombreux types de migrations de site et la manière de les traiter va dépendre de la nature de la migration :

Le protocole change : le cas typique est un passage du http au https

Changement de sous-domaine ou de sous-dossier : très courant dans le référencement international lorsqu’une entreprise décide de déplacer un ou plusieurs ccTLD dans des sous-domaines ou des sous-dossiers. Un autre exemple courant est celui où un site mobile situé dans un sous-domaine ou un sous-dossier distinct devient responsive et que les URLs desktop et mobiles sont uniformisées.

Changement de nom de domaine : changement de marque, d’identité, l’entreprise doit changer de nom de domaine.

Changement de domaine de premier niveau : courant lorsqu’une entreprise décide de lancer des sites Web internationaux et doit passer d’un ccTLD (domaine de premier niveau de code de pays) à un gTLD (domaine de premier niveau générique) ou inversement, par exemple passer de .co.uk à .com ou de .com à .co.uk et ainsi de suite.

Modifications de la structure du site : ce sont des modifications de l’architecture du site qui affectent généralement les liens internes et la structure des URL du site.

 

Autres types de migrations

 

D’autres types de migrations sont déclenchées par des modifications apportées au contenu, à la structure, à la conception ou à la plateforme du site.

Changement de plateforme :  c’est le cas lorsqu’un site Web est déplacé d’une plateforme / système de gestion de contenu vers un autre, par exemple migrer de WordPress vers Magento ou simplement mettre à niveau vers la dernière version de la plate-forme. Dans certains cas, le changement de plateforme peut également entraîner des modifications de conception et d’URLs en raison de limitations techniques souvent rencontrées lors du changement de plateforme.

Migration de contenu : les modifications de contenu majeures telles que la réécriture de contenu, la consolidation de contenu ou la suppression de contenu peuvent avoir un impact important sur la visibilité de la recherche organique d’un site. Ces modifications peuvent souvent affecter la taxonomie, la navigation et les liens internes du site.

Modifications de la configuration mobile : la création d’un site AMP ou la création d’un site Web PWA peut également être considérée comme une migration partielle de site.

Changements structurels :ceux-ci sont souvent causées par des modifications majeures de la taxonomie du site qui ont une incidence sur la navigation sur le site, les liens internes et le parcours utilisateur.

Refonte du site : celles-ci peuvent aller de modifications majeures dans la conception à une refonte complète du site Web

Migration hybride :en plus de ce qui précède, il existe plusieurs types de migrations hybrides qui peuvent être combinées de toutes les manières possibles. Plus le nombre de modifications introduites simultanément est élevé, plus la complexité et les risques sont élevés.

 

Comment réussir sa migration de site ?

 

Comme vous le voyez, chacune de ces migrations comporte ses propres défis, cependant on constate que les chutes du trafic au lancement du nouveau site sont souvent causées par les mêmes raisons :  mauvaise stratégie, plan de migration négligé, contenu déplacé ou trop peu de contenu, mauvaise expérience utilisateur, un SEO trop tardif…

Voici en quelques étapes pour mener à bien une migration.

 

Phase 1:  Scope et planification


Quel que soit le projet de migration de site, vous devez être clair sur les objectifs attendus. La planification est essentielle à la réussite de votre migration, notamment lors de projets complexes qui peuvent s’étendre facilement sur plusieurs mois. Dans cette phase de planification, chaque partie prenante doit être impliquée dès le début du projet : designer UX, créateurs de contenu, stratèges, développeurs web, consultant en référencement naturel…

Le plan de projet doit permettre de déterminer les tâches de chacun ainsi que la date de livraison prévue afin que chaque intervenant soit tenu au courant  des activités qui ne peuvent être réalisées du fait de la dépendance des autres.

Le plan de projet doit être partagé le plus tôt possible avec toutes les personnes concernées, afin de laisser suffisamment de temps pour des discussions et des éclaircissements. Chaque activité doit être décrite de manière très détaillée. Il va sans dire qu’une gestion de projet sans faille est nécessaire pour organiser et réaliser les activités requises dans les délais impartis.

Idéalement, le nouveau site devrait être lancé à un moment où le trafic est faible. Évitez de lancer avant ou pendant une période de pointe, car les conséquences pourraient être dommageables si les choses ne se passent pas comme prévu.

 

Phase 2:  Stratégie

Commencez par recueillir toutes les données du site actuel à votre disposition  : Google Analytics, Search console, Hotjar (carte de chaleur), statistiques de recherche interne sur le site, analyse des paniers et des ventes…Identifiez les pages stratégiques de votre site, les mots clés qui génèrent du trafic, les parcours utilisateurs, faîtes l’inventaire de vos contenus.

Une fois tous ces points analysés, vous pourrez sereinement passer à la phase de conception.

 

Phase 3: préparation pré-lancement

Révision des wireframes (s’il y a lieu)

 

Les wireframes sont une étape cruciale lors de la conception du site puisqu’ils vont impacter plusieurs intervenants clés. L’examen des wireframes devrait donc  être validé par toutes les personnes impliquées de près dans le projet : équipe de développeurs web, responsable de contenu, consultant SEO etc… Afin de permettre d’identifier d’éventuels freins à un stade précoce : alignement sur la stratégie, contenus, navigation, freins techniques…

Préparation des spécifications techniques SEO


Une fois que les wireframes ont été examinés, il faut prévoir une spécification technique détaillée concernant le référencement naturel. Celle-ci doit être très détaillée, mais écrite de manière à ce que les développeurs puissent facilement transformer les exigences en actions. Ce n’est pas un document pour expliquer pourquoi quelque chose doit être implémenté, mais comment.

Assurez-vous d’inclure des exigences spécifiques couvrant au moins les domaines suivants:

Structure d’URLS, meta données, données structurées, Urls canoniques et directives meta robots, balises structurelles, maillage interne, pagination, sitemap, hreflang, redirections, référencement international, temps de chargement….

Une fois que ces éléments ont été implantés, effectuez les tests suivants : vérifier que les redirections ont bien été mises en place (une ancienne url redirige vers la nouvelle et non vers une section du site ou sur la page d’accueil), meta titles et meta descriptions remplies, nom des images optimisées, balises bien structurées (une seule h1 par exemple), chemins d’urls, vitesse de chargement des pages, vérification de l’affichage sur les différents appareils…

 

Phase 4 Lancement du site

 

Votre site est prêt à être lancé, félicitations! Voici les ultimes vérifications pour s’assurer que ce lancement ne rencontrera pas de freins.

 

  • Enlevez le noindex sur vos pages
  • Vérifiez que le robots.txt
  • Testez la vitesse de chargement de vos pages
  • Vérifiez que les anciennes urls redirigent correctement vers les nouvelles
  • Vérifiez les redirections www et sans, http et https…

 

Phase 5 Mesure des performances

 

Le travail de migration ne s’arrête pas au lancement du site. Pour s’assurer que cette migration soit un succès, ou le cas échéant effectuer quelques ajustement, il est essentiel de mesurer les efforts fournis :

 

  • Surveillez les données remontées dans Google Search Console, elles vous indiqueront les éventuels problèmes majeurs qui touchent votre site et qui seraient passées à travers les mailles du filet : erreurs 404, contenu dupliqué, pages bloquées, nombre de pages indexées etc…
  • Suivez le positionnement de vos mots clés principaux (termes liés à la marque, longues traînes, référencement des pages stratégiques…).
  • Enfin, le suivi et la  mesure des indicateurs de performance (KPI), déterminés durant la phase de stratégie est indispensable pour évaluer correctement le succès de vos actions et s’assurer que les résultats sont alignés avec  vos objectifs.

 

Conclusion

S’il est normal que le trafic baisse légèrement lors de la migration d’un site le temps que les nouvelles pages soient bien indexées par les moteurs de recherche, cette baisse  ne devrait pas durer plus de quelques semaines. Lors d’une bonne migration de site, passées ces quelques semaines, le trafic et vos revenus devraient augmenter de manière significative et continue.